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[CENTRE-VAL-DE-LOIRE] Enquête dans un élevage "plein air" de poules pondeuses (JANVIER 2020)


Enquête vidéo et communiqué de presse reçu-e-s anonymement :

 VIDEO 


"Communiqué de presse
« Enquête dans un élevage plein air de poules pondeuses, en région Centre-Val-de-Loire, en Janvier 2020. »

Cet élevage exploite plusieurs milliers de poules pondeuses pour vendre leurs oeufs sous l'appellation "élevées en plein air". Le batiment que nous voyons sur ces images est leur abri. Elles y passent la majeur partie de leur vie, car c'est là où se trouve leur nourriture, leur eau, et l'endroit où elles pondent, et c'est également l'endroit où elles s'abritent à la tombée de la nuit jusqu'au levé du jour.

Le matin, les trappes du batiment s'ouvrent et les poules ont alors accès à plusieurs milliers de mètres carrés de terrain. C'est évidemment mieux que ce qu'obtiennent la plupart des poules pondeuses détenues dans les élevages en France, mais cet accès à l'extérieur ne suffit évidemment pas à satisfaire leurs besoins fondamentaux et encore moins à leur assurer une vie agréable.

Par ailleurs, peu importe la qualité de vie en élevage, ou le label de celui-ci, dans cet élevage comme dans tous les autres élevages de poules pondeuses, les poules seront gardées au maximum 1 an et demi, et si elles survivent jusque là, seront envoyées être assassinées dans un abattoir, puis remplacées par des nouvelles. Les poules ont une espérance de vie de plus de 10 ans dans un environnement adapté, mais leur rythme de ponte diminue naturellement dès la fin de leur première année. Il est donc plus rentable pour celles et ceux qui les élèvent pour leurs oeufs de les remplacer chaque année par des nouvelles pour avoir le plus d'oeufs possibles par poule à nourrir. Les élevages, contrairement aux refuges et sanctuaires antispécistes, sont des lieux qui se servent des autres animaux pour leur profit personnel. Il est donc logique que les intérêts des individu.e.s qu'ils exploitent ne soient pas ou peu pris en considération et toujours mis en balance avec la recherche de rentabilité.

Dans ce batiment, plusieurs barres métalliques servent de perchoir. Elles sont disposées sur plusieurs niveaux : la plus haute est à environ 3 mètres de hauteur et la plus basse est à 1 mètre 20 environ. Les barres étant majoritairement les unes au dessus des autres, les excréments des poules les plus hautes perchées tombent sur les poules perchées plus bas. Elles sont nombreuses à se mettre sur des tuyaux présents à environ 3 mètres de hauteur, ceux-ci sont ronds, trop larges pour qu'elles s'y agripent et lisses. Si elles chutent de cette hauteur cela pourrait leur être fatal ou leur causer de sérieuses blessures (patte cassée, par exemple). Elles s'y placent tout de même probablement parce-que la promiscuité les forcent à trouver des endroits peu adaptés pour avoir un peu plus d'espace vital.

Le batiment et les installations sont peu ou pas nettoyé.e.s en fonction des endroits. La zone où sont acheminés les oeufs est pleine de poussières et de saletés, et sur le côté, il y a un amas d'oeufs cassés et de plumes en décomposition.

Dans une cage qui semble être la zone de quarantaine, une poule est couchée au sol, morte depuis un bon moment. Il est fort probable que les éleveurs et éleveuses ne rentrent pas tous les jours de ce batiment. Et comme dans tous les élevages, les soins vétérinaires étant plus coûteux que ce que représente une poule en terme de gain financier, les éleveurs et éleveuses préfèrent généralement ne faire intervenir un.e vétérinaire, et donc laisser mourir les individu.e.s malades, ou les tuer de leurs propres mains.

En plus de la poule morte dans ce qui semble être la zone de quarantaine, deux autres poules décédées sont visibles dans la vidéo. Leur corps en décomposition sont encore parmi les autres. Ces poules vivantes sont donc forcé.e.s de vivre, manger et boire à côté du cadavre d'une autre. Une poule qu'elles connaissaient et qui était peut-être même l'amie de certaines d'entre-elles. Cette situation horrible est malheureusement très fréquente dans les élevages, car les soins étant rares, les éleveurs et éleveuses ne voient pas tout de suite les individu.e.s malades ou décédé.e.s et donc les corps peuvent rester plusieurs jours parmi les vivant.e.s jusqu'à ce qu'iels les ramassent.

Sur la vidéo nous pouvons également voir plusieurs poules malades, montrant des signes d'abattement et/ou de mauvaise santé, dont une qui est littéralement entrain d'agoniser, coincée la tête en bas dans ce qui sert de rampe pour monter aux perchoirs. Ses pattes sont encore accrochées à la grille de la rampe, ce qui la retient de tomber par terre, elle a le cloaque ensanglanté, les yeux fermés, et une respiration très faible. Était-ce une ponte interne qui n'a pas été soignée par les éleveurs et éleveuses ? Une ponte interne est une situation assez courante, mais si elle n'est pas soignée rapidement, elle peut mener à la mort de la poule qui s'épuise et/ou déclenche une hémorragie interne en essayant d'expulser l'oeuf coincé dans son cloaque.

Dans cet élevage, on peut également voir qu'il y a un coq, seul, séparé des poules par une grille. On peut supposer qu'il est utilisé pour la reproduction. Si c'est le cas, peut-être que les éleveurs et éleveuses de cet élevage enferment régulièrement quelques poules avec lui, ou récupère son sperme pour l'injecter dans les parties génitales de certaines poules, puis récupèrent les oeufs fécondés pour les mettre dans un couvoir ? Généralement, les élevages qui vendent des oeufs de poules ne font pas de reproduction sur place : ils achètent des poules à d'autres élevages qui s'occupent de la reproduction, du sexage (séparation des poussins et poussines et mise à mort des futurs coqs, car majoritairement inutiles pour la production d'oeufs), et de l'élevage des poussines jusqu'à ce qu'elles commencent à pondre."


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