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Un collectif antispéciste répond à la tribune des 130 député-e-s et sénat-eurs/rices soutenant le spécisme.


Collectif antispéciste : "En réaction à l'appel des 130 parlementaires contre les "attaques véganes" : Qui sacrifie et disqualifie la cause animale ?

Extrait de l'appel publié dans Le Parisien le 12 mai 2019 : "S’agissant de la liberté de choisir son alimentation, d’adopter un régime carné ou non, nous, signataires, affirmons que cela relève d’une liberté fondamentale et d’un choix individuel. La façon de s’alimenter, sa fonction sociale qui va bien au-delà de la fonction nourricière, relève de l’intime, à la croisée des sphères privées et publiques et ne saurait faire l’objet d’ingérence et d’injonctions. Que certains stigmatisent les végétariens, les végétaliens, les véganes sous prétexte de défendre un modèle culturel, ou que d’autres, à l’inverse, stigmatisent les amateurs de viandes, les adeptes de régimes à base de protéines animales, et au-delà les filières d’élevage ainsi que les professionnels qui les composent, nous semble remettre en cause les règles les plus élémentaires de vivre ensemble et le fonctionnement même de la démocratie."

La liberté alimentaire, un droit fondamental en démocratie ?

La liberté alimentaire n'est pas une liberté fondamentale et elle n'est pas sans limites. Tout le monde conviendra que la morale impose certaines limites à ce que l'on est en droit de manger : rares sont les personnes qui défendront l'idée de manger de la chair humaine, ou la chair d'un animal dit "de compagnie", car ces chairs proviennent de personnes unanimement reconnues comme des individus qui ont des droits sur leur vie et sur leur corps. Le spécisme est l'idéologie qui nous empêche de percevoir les individus d'autres espèces comme des personnes qui ont, elles aussi, le droit de disposer de leur corps et de ne pas être élevées, exploitées ou tuées. Aucune raison éthique et aucune nécessité ne justifient que l'on tue encore des animaux afin de s'en nourrir, car des alternatives viables existent en abondance dans notre société.

Choisir de manger de la chair animale n'est pas un choix individuel ou intime. Un choix individuel éthique ne concerne que l'individu qui l'opère, et ne doit pas impacter négativement la vie d'autrui. Manger de la chair n'est pas un choix individuel, car il implique d'autres personnes : les animaux tués et exploités.

Une vraie démocratie et un vivre ensemble réellement respectueux devrait tenir compte des intérêts fondamentaux de tous les individus, quelle que soit leur espèce. Faire passer les intérêts triviaux des êtres humain•es (comme leur "liberté" de manger de la chair animale par pur plaisir ou tradition) avant les intérêts fondamentaux des autres animaux (leurs intérêts à vivre, à être libres, à ne pas être tués ou exploités) pose un problème éthique évident.

"Nous manifestons notre soutien à l’ensemble des acteurs de la filière viande qui ont fait l’objet d’un déchaînement de violences et de harcèlements ces dernières semaines."

Qui doit-on soutenir ?

Nous, antispécistes, pensons qu'il est urgent de montrer notre soutien à l’ensemble des animaux exploités et tués, qui font l’objet d’un déchaînement de violences et d'oppressions répétées depuis des siècles.

"Nous soulignons aussi la nécessité absolue de défendre une exigence forte de bien-être animal, comme dénominateur majeur commun à toute activité d’élevage, d’exploitation et d’utilisation de l’animal par l’homme."

Une exigence forte de bien-être animal, vraiment ?

Aucune forme d'élevage, d'exploitation ou d'utilisation des autres animaux par les humain•es ne pourra respecter le "bien-être animal". Les deux sont antinomiques. Aucun individu ne souhaite être utilisé, exploité, tué. Il est profondément irrationnel de promouvoir le bien-être d'une personne en l'utilisant comme un simple moyen de faire du profit et de tirer du plaisir de sa chair.

"Avec la dérive criminelle de l’activisme, l’image des militants de la protection animale est entachée, et pire, la cause animale est perdante.
Nous, signataires de cette tribune, lançons un appel solennel pour que le combat en faveur de la cause animale en France reste un combat noble, qu’il ne soit ni méprisé par certains ni sacrifié idéologiquement par d’autres, ou tout simplement disqualifié par une criminalisation de ses modes opératoires !"

Un combat est noble, tant qu'il reste inoffensif ?

Si les 130 signataires se souciaient vraiment de la cause animale, selon elles et eux entachée par l'activisme antispéciste, ils et elles prendraient des mesures légales afin d'abolir le système spéciste. Or ces parlementaires ne font rien pour affaiblir l'oppression et la discrimination que subissent les individus des autres espèces. Ce sont elles et eux qui sacrifient les autres animaux. Leur inaction et leur mépris des intérêts des individus opprimés sont la raison pour laquelle la cause animale est perdante, et la raison pour laquelle certain•es humain•es solidaires des autres animaux en viennent à devoir recourir à des modes d'action plus offensifs.

L'inertie de l'Etat, qui encourage et finance l'exploitation spéciste, est la principale responsable. Pour ces parlementaires, un combat noble est un combat qui ne dérange pas trop le pouvoir en place. La criminalisation des activistes ne témoigne que de leur peur de devoir sortir de leur inaction et de voir leurs privilèges humains remis en question. Peu importe ses modes opératoires, le combat contre le spécisme reste un combat noble, parce qu'il est juste, éthique et altruiste.

"Un jour viendra où l'idée que, pour se nourrir, les Hommes du passé élevaient et massacraient des êtres vivants et exposaient complaisamment leurs chairs en lambeaux dans des vitrines, inspirera sans doute la même répulsion que les repas cannibales." Claude Lévi-Strauss

-Collectif de citoyen.ne.s antispécistes-"


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