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[GENÈVE - SUISSE] Les élev-eurs/euses projettent d'ouvrir un nouvel abattoir qui diffuserait de la musique à leurs victimes.


Tribune de Genève : "Un nouvel abattoir pourrait voir le jour à Genève. Le futur établissement projette de doubler la capacité d’abattage des vaches et des porcs dans le canton.

Une demande de subvention a été déposée par des éleveurs genevois à Berne à la fin du mois de mars. La Confédération doit dire d’ici à l’été si elle entre en matière ou non. Les travaux débuteront au plus tôt dans deux ans et demi.

Près de trente ans après la fermeture du site de La Praille, le projet interpelle. Il s’inscrit dans la tendance actuelle à privilégier la production locale.

Genève abrite aujourd’hui quatre petits abattoirs. À chaque lieu ses spécialités. Perly est dédié à la volaille domestique et Genthod aux ovins halal. Meinier et Loëx (Bernex) accueillent, quant à eux, un éventail plus large d’animaux: bovins, porcs, chèvres, moutons, lapins domestiques et gibiers d’élevage.

À l’exception du site perlysien, les trois autres structures demeurent très artisanales. Leurs capacités sont limitées et ne permettent pas de recevoir l’ensemble des bêtes élevées dans le canton. La moitié des vaches et la très grande majorité des cochons genevois sont tuées dans le canton de Vaud.

Si cela n’a pas posé de problème pendant longtemps, l’exigence de circuits courts qui s’est imposée dans l’agriculture ces dernières années change la donne. Tant les éleveurs que le Canton sont aujourd’hui intéressés à construire un nouvel abattoir plus grand et plus moderne au bout du lac. Une telle infrastructure permettrait notamment de répondre plus strictement aux conditions fixées par le label Genève Région - Terre Avenir (GRTA).

Lancée en 2004 par le Canton, cette certification privilégie les produits de proximité. Elle garantit notamment que «les zones de production et de transformation sont le canton de Genève et sa zone franche». Faute d’infrastructure suffisante dans la région, certains producteurs de viande n’arrivent pas répondre à ces critères.

Sur les 1800 cochons engraissés chaque année par Josef Meyer à Jussy, seule une soixantaine est abattue dans le canton. «Nous ne pouvons pas augmenter cette proportion avec les infrastructures existantes», tient à préciser l’éleveur. Le label a donc accepté d’octroyer une dérogation exceptionnelle au porc genevois. Les gorets de Josef Meyer sont donc tous estampillés GRTA même si la très large majorité d’entre eux sont tués à Clarens,près de Montreux.

Pour inverser ce ratio, le Jusserand explique qu’il faudrait mettre en place un travail à la chaîne dédié spécifiquement à l’abattage des porcs. «Un premier poste où le cochon est assommé, un deuxième où il est saigné, un troisième où il est ouvert, un quatrième où il est coupé en deux, et ainsi de suite», détaille l’agriculteur. Une telle organisation n’est envisageable que dans une nouvelle structure.

Outre une meilleure efficience, l’ouverture d’un abattoir moderne dans le canton permettrait aux éleveurs genevois de réduire de façon significative le temps de transport des animaux. «C’est toujours mieux pour les bêtes, le voyage génère du stress», souligne Josef Meyer. La nouvelle infrastructure permettrait également de rationaliser la présence du vétérinaire, indispensable lors de chaque abattage. D’autres prestations y seraient également développées. «Nous pourrions investir dans des frigos à rassir et un séchoir», illustre Pascal Desbiolles de l’abattoir de Meinier.

Alors que le mouvement antispéciste prend de l’ampleur, les éleveurs ne craignent-ils pas les attaques de militants? «Ce projet est une réponse aux abus qu’ils dénoncent, répond Fabien Wegmüller d’AgriGenève, qui a participé à l’élaboration du dossier déposé à Berne. Les producteurs de viande veulent aujourd’hui réaliser un abattoir modèle.»

Diverses techniques pour améliorer le bien-être des animaux sont envisagées: éviter les angles droits, limiter le temps d’attente avant l’abattage ou diffuser de la musique. «L’idée n’est pas de créer un abattoir industriel, mais d’avoir une infrastructure plus adaptée aux besoins actuels», insiste Pascal Desbiolles.

Le lieu du futur abattoir n’a pas encore été arrêté, mais il sera construit en zone agricole. Il devrait remplacer à terme les sites de Meinier et Loëx.

Nombre d’animaux abattus à Genève en 2018:
  • 991 856 volailles (seules 30% sont élevées dans le canton),
  • 1871 ovins,
  • 846 porcins,
  • 346 bovins,
  • 290 caprins,
  • 36 lapins,
  • 4 daims d’élevage."


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